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fécarugby: Philippe Saint-André à la tête de la sélection



L'ancien sélectionneur du XV de France a accepté de donner un coup de main - bénévolement - à la fédération camerounaise jusque mi-mai. Une aventure que PSA prend très à coeur...


C'est RFI qui le révèle. Philippe Saint-André entraînera l'équipe du Cameroun lors de la Bronze Africa Cup, la 3e division de la Coupe d'Afrique de rugby! L'objectif de l'ancien sélectionneur du XV de France? Battre, à domicile, les 6 et 13 mai prochains, l'Algérie et le Nigéria pour remonter au classement africain. Un retour pour le moins inattendu au bord des terrains après dix-huit mois passés loin du banc de touche.
«J'ai un ami de longue date, Georges Ngono, qui jouait au même club que moi à Romans et qui est le team manager de la Fédération camerounaise (Fecarugby), a confié PSA à la radio. Je vais leur donner un coup de main à l'occasion de leur vingtième anniversaire. Je vais me mettre en short et je vais les entraîner pendant deux semaines.»

Dix-huit à vingt joueurs camerounais évolue en France du Top 14 à la cinquième division


Pour l'instant, il se consacre à trouver des joueurs. «On souhaite mélanger les nombreux joueurs basés au Cameroun et ceux qui jouent en France. Il y en a actuellement dix-huit à vingt qui évoluent du Top 14 à la Fédérale 3 (la cinquième division). On en connait certains comme Olivier Missoup du Racing 92, Arsène Nnomo à Agen ou Christian Njewel, qui joue deuxième ligne au LOU. On essaye de rapatrier tous ces joueurs pour vivre une aventure exceptionnelle: représenter leur pays. Les Camerounais n'ont pas disputé de match depuis de nombreuses années», rappelle Saint-André. Pour cause, la Fédération avait été suspendue…

PSA avoue qu'il part d'une feuille blanche, ou presque. «Je ne connaissais pas forcément ceux qui évoluent en Fédérale 1, en Fédérale 2 et en Fédérale 3. On a fait un appel du pied à toutes les forces vives. Ce qui est incroyable, c'est qu'on découvre des joueurs chaque semaine. Pour être honnête, au début on trouvait surtout des avants. Mais, depuis, on s'est rendu compte qu'un demi de mêlée évoluait en Fédérale 2 un autre arrière-ailier qui jouait en Fédérale 1… Après, cette Coupe d'Afrique va avoir lieu en-dehors des périodes IRB. Il va falloir une motivation incroyable à ces joueurs pour pouvoir venir. Et, très souvent, il va aussi falloir l'accord de leurs clubs ainsi que la bienveillance de leurs entraîneurs et de leurs managers pour vivre cette aventure fantastique…»

«Je vais pouvoir remettre le short et reprendre du plaisir sur le terrain»


PSA, qui a accepté cette mission «bénévolement», prend son rôle très à cœur. Et se sert de ses relations pour tenter de convaincre. «En ce qui concerne Christian Njewel, par exemple, Pierre Mignoni m'a assuré qu'il serait mis à disposition si jamais le LOU est déjà assuré de rester en Top 14. J'ai eu au téléphone pratiquement tous les joueurs concernés qui évoluent en France. Ils sont motivés. C'est une fierté pour eux de pouvoir représenter leur pays dans une aventure comme celle-là, face à des pays qui se sont structurés.»
Après de longs mois loin des terrains, l'ancien entraîneur de Gloucester, Sale (en Angleterre) puis Bourgoin et Toulon, avant de prendre les commandes du XV de France de 2011 à 2015. «Pour moi aussi, c'est une aventure exceptionnelle. On dit souvent que le rugby est une école de la vie. Ce sera quelque chose d'exceptionnel d'aller là-bas, d'y rencontrer des gens passionnés. Je m'en rends compte à travers les mails que je reçois. Je vais essayer d'y prêcher la bonne parole de de notre sport et de développer le rugby au Cameroun. Et puis je vais pouvoir remettre le short et reprendre du plaisir sur le terrain. Donc cette expérience, c'est du gagnant-gagnant», sourit l'ancien capitaine du XV de France (69 sélections), qui travaille actuellement pour les groupes SFR, BFM TV et RMC, où il commente, notamment, le championnat d'Angleterre.

Ce sera une totale découverte pour lui, qui avoue n'avoir jamais mis les pieds au Cameroun. Et déborde déjà d'ambition. «Ils sont déjà éliminés de la course à la qualification pour la Coupe du monde 2019. Mais pourquoi ne pas créer une bonne équipe afin de prétendre à la qualification pour 2023?»

Le Figaro

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